C’est l’histoire d’une blague statistique qui s’est transformée en prophétie redoutable. À l'origine, Joachim Klement, économiste allemand au sein d'une banque d’investissements britannique, voulait simplement ridiculiser ses pairs en démontrant qu’il est impossible de prédire l’évolution des marchés financiers. Pour imager son propos, il a créé un modèle économétrique appliqué au football. Problème : son outil a vu juste en 2014 (Allemagne), en 2018 (France) et en 2022 (Argentine).
À l'aube du Mondial 2026 en Amérique du Nord, son algorithme vient de rendre son verdict. Et c’est une douche froide pour les Bleus, mais une immense surprise pour la planète foot : les Pays-Bas vont soulever la Coupe du monde.
La formule magique : PIB, démographie et... 50 % de chance
Comment un analyste financier basé à Londres parvient-il à faire trembler les bookmakers ? Son modèle s'appuie sur une poignée de critères purement factuels :
- Le PIB par habitant (qui détermine la qualité des infrastructures).
- La taille de la population (le vivier de talents disponibles).
Le climat, le classement FIFA, et l'avantage du pays hôte.
"Les 50 % restants, c'est de la pure chance", tempère Joachim Klement au micro de la BBC. "De nombreux paramètres d'un match restent imprévisibles."
Pourtant, le hasard semble pencher d'un côté très précis cette année. Récemment battus par l’Algérie (1-0) en match amical, les hommes de Ronald Koeman avancent masqués, bien loin derrière les grands favoris comme la France, le Brésil ou l'Espagne. Un décalage qui amuse l'économiste : "Peut-être, même inconsciemment, ai-je choisi un scénario aussi improbable cette fois-ci pour me prouver que je finirai bien par me tromper."
Le scénario noir pour l'équipe de France
Si le modèle Klement maintient son impressionnant 100 % de réussite, le parcours des Bleus de Didier Deschamps va brutalement s'arrêter. Selon les simulations du logiciel, l’Allemagne affrontera la France dès les huitièmes de finale et prendra la porte.
C'est au tour suivant, en quarts de finale, que les Pays-Bas élimineront la France, aidés par un fait de jeu totalement imprévisible : un but contre son camp (CSC) tricolore. Le tableau calculé par l'économiste prévoit ensuite une élimination de l’Espagne par les Néerlandais aux tirs au but en demi-finale, avant un sacre historique en finale face au Portugal de Cristiano Ronaldo.
Un pronostic qui pèse lourd au bureau
Bien que l’analyste invite à prendre ses résultats avec légèreté, sa réputation de "gourou" s'est déjà propagée. Plusieurs de ses collègues banquiers ont massivement misé sur les Oranje auprès des bookmakers (où la cote hollandaise oscille autour de 20).
Une pression supplémentaire pour le financier allemand : "Si les Pays-Bas sont éliminés prématurément, je pense que je vais devoir faire du télétravail pendant un bon moment !", plaisante-t-il. Reste à savoir si la réalité du terrain donnera raison à la science économique une quatrième fois consécutive.
