Au lendemain de l’annonce de son renvoi devant les assises pour viol, Achraf Hakimi a retrouvé le terrain ce mercredi 25 février lors du barrage retour de Ligue des Champions face à l’AS Monaco. Si le défenseur marocain a pu compter sur le soutien inconditionnel du Collectif Ultras Paris (CUP), les hommages rendus au stade ont suscité une vive polémique.
Le timing de cette rencontre européenne était pour le moins délicat. Mardi 24 février, la justice ordonnait officiellement le procès du latéral parisien pour des faits remontant à février 2023. Pourtant, dès l’annonce des compositions d’équipe au Parc des Princes, le nom d’Achraf Hakimi a été scandé avec une ferveur particulière.
Le "total soutien" du virage Auteuil
Le Collectif Ultras Paris (CUP) a choisi d'afficher publiquement sa position. Dès la 20e minute de jeu, une banderole barrée du message « Achraf total soutien » a été déployée en tribune, accompagnée de chants à la gloire du joueur. Une démonstration de solidarité qui s'est prolongée tout au long de la rencontre, Hakimi étant systématiquement ovationné lors de ses interventions.
Le joueur n’est pas resté insensible à ces marques d'affection. Sur son compte Instagram, l'international marocain a réagi après le match en publiant une photo de la tribune accompagnée d'un sobre : « Merci pour le soutien », ponctué d'un émoji cœur.
Une symbolique "choquante" pour la victime
Cette mise en scène a provoqué la colère immédiate de la partie civile. Pour Me Rachel-Flore Pardo, avocate de la jeune femme qui accuse le joueur de l'avoir agressée sexuellement il y a trois ans, ces célébrations sont une épreuve supplémentaire pour sa cliente.
« Cette banderole est une insulte aux victimes de viol. La victime est niée, l’accusé est ovationné », a fustigé l'avocate. « La lutte contre les violences sexuelles n’a pas encore fait son chemin dans le monde du football masculin. N’en déplaise à certains, la procédure avance, et la justice passera. »
Rappel des faits et procédure
L'affaire remonte à une rencontre organisée via les réseaux sociaux en février 2023. La plaignante affirme avoir été violée au domicile du joueur à Boulogne-Billancourt. De son côté, l'ancien joueur de l'Inter Milan nie catégoriquement toute contrainte, admettant uniquement des étreintes et des baisers consentis.
Alors que le procès se profile désormais à l'horizon, cet épisode souligne une nouvelle fois le fossé qui sépare la présomption d'innocence revendiquée par les supporters et la sensibilité nécessaire face aux accusations de violences sexuelles. Le PSG, de son côté, s'est pour l'instant abstenu de tout commentaire officiel sur les manifestations de ses supporters.
