Seize ans après le coup de génie d'Andrés Iniesta à Johannesburg, l'histoire s'est répétée sous le ciel de New York. Ce dimanche au MetLife Stadium, l'Espagne est devenue championne du monde pour la deuxième fois de son histoire en battant l'Argentine (1-0 a.p.) au bout d'un suspense insoutenable.
Deux ans seulement après son sacre à l'Euro 2024, la Roja de Luis de la Fuente confirme sa suprématie absolue et s'impose définitivement comme la plus grande sélection du XXIe siècle.
Une domination totale face à une Albiceleste stérile
Le score ne reflète que très faiblement l'ultradomination espagnole. Pendant 120 minutes, l'Espagne a imperturbablement déployé son football de possession, étouffant une équipe argentine méconnaissable, totalement inoffensive et se contentant d'accepter les duels physiques.
Les chiffres de cette finale sont vertigineux :
- 0 expected goal pour l'Argentine durant le temps réglementaire.
- Un tout premier tir argentin survenu seulement à la... 117e minute.
- Seulement 1 but encaissé par l'Espagne sur l'ensemble de ses 8 matchs dans ce Mondial.
Malgré la sortie sur blessure de Lisandro Martinez à la 44e minute et les multiples ajustements tactiques de Lionel Scaloni — coaching illustré par l'expulsion d'Enzo Fernandez (90e+3) pour un second avertissement —, le mur de l'Argentine a fini par céder.
Ferran Torres en héros de la prolongation
Après un temps réglementaire verrouillé où Emiliano Martinez a multiplié les exploits face à Olmo, Yamal, Laporte et Williams, le salut espagnol est venu de la prolongation.
À la 106e minute, sur un centre millimétré de Pedri, Nico Williams remet subtilement le ballon de la tête dans la surface. En embuscade, Ferran Torres reprend du pied gauche et trompe Martinez (1-0, 106e). Un but splendide, 100 % collectif et technique, venu concrétiser une supériorité éclatante.
L'attaquant du FC Barcelone, courtisé par le PSG, aurait même pu s'offrir un doublé quelques minutes plus tard, mais son second but a été annulé pour un hors-jeu (113e).
Le sursaut désespéré de Lionel Messi et de l'Argentine
Piquée au vif, l'Argentine s'est enfin réveillée dans les cinq dernières minutes. Enfin visible, Lionel Messi a déclenché une frappe surpuissante (117e) venant heurter de plein fouet le visage de Mikel Merino. Dans le temps additionnel de la prolongation, Giuliano Simeone a même manqué une balle d'égalisation toute faite en tirant au-dessus (120e+2).
Mais l'Espagne a tenu bon. Solide, équilibrée et maîtresse de son sujet, la Roja est restée impassible jusqu'au coup de sifflé final de M. Slavko Vincic.
La plus grande série de l'histoire du football européen
Avec ce nouveau trophée, l'Espagne enchaîne un 38e match consécutif sans défaite, battant le record absolu pour une sélection européenne ou sud-américaine.
En grimpant à nouveau sur le toit du monde deux ans après son titre européen — reproduisant exactement le schéma de l'âge d'or 2008-2010-2012 —, la bande à Rodri, Pedri et Lamine Yamal rejoint la légende. La planète football a trouvé son roi indiscutable.
